Ed Hardy

Ed Hardy

57e53e2b41a88eebdd6d63530d4dae33

Dessine-moi un dragon

Ed Hardy n’a que 10 ans, lorsqu’il ouvre, en banlieue de San Francisco, son premier salon de faux tatouages. Pendant des heures, il s’applique, à l’aide de feutres et d’eye-liners, à griffonner des anges, des roses et des têtes de mort sur les torses de ses copains de classe. Étudiant aux Beaux-Arts, il développe sous la bienveillance de son professeur de littérature et tatoueur Phil Sparrow, une approche inédite du tatouage qu’il propulse ainsi au rang d’oeuvre d’art.

Son Maître, l’artiste tatoueur Sailor Jerry, le forme et le prend sous son aile pendant plusieurs années. Il est invité au Japon, par le grand tatoueur Oguri Horihide, pour s’initier au tatouage traditionnel japonais. Têtes de mort aux couleurs criardes, diables, dragons, tigres et Geishas nourrissent son style. Ne cessant d’explorer et d’expérimenter ses techniques, il arrive à démocratiser l’art du tatouage, il devient dès lors « Don Ed Hardy ». 

En 1999, il participe à la création d’une entreprise de « tattoo wear » où plusieurs grands tatoueurs voient leurs oeuvres imprimées sur toutes sortes de vêtements.
En 2004, à Los Angeles, le français Christian Audigier, à la recherche d’un nouveau business, flashe sur un t-shirt arborant une impressionnante et rugissante tête de tigre, dans une vitrine de magasin. Impressionné par le trait de crayon de l’artiste et enthousiasmé par le concept, le business man s’empresse de commander à Don Ed Hardy 2 000 dessins en échange de royalties. 

Crânes, pin-ups, têtes de mort, roses, et tigres, sont déclinés sur des t-shirts, sweats, vestes et casquettes. Ce style urbain et clinquant séduit les jeunes citadins fans de Hip-Hop et les déclinaisons sur toutes sortes de supports (chaussures, verres, casques etc.) envahissent les rues et les villes du pays.

Pour la pub, la marque Ed Hardy mise sur le « celebrity wear » (genre de placement de produit gratuit). Madonna, Sylverster Stalone et bien d’autres s’affichent au quotidien avec des t-shirts, casquettes et sweats aux traits de l’artiste tatoueur. Les produits se vendent très chers, 150$ pour une casquette, 200$ pour un sweat (pour une fabrication en Chine), et les marges dépassent rapidement les 90 % en moyenne.

Alors que la marque est vendue pour 62 millions de dollars en 2011, Don Ed Hardy, âgé de 70 ans maintenant, continue paisiblement son travail d’artiste. Fidèle à ses premiers amours, il peint désormais des inspirations japonaises sur de grandes toiles.
Ayant largement participé à la reconnaissance du tatouage comme art à part entière, plusieurs expositions lui rendent aujourd’hui hommage aux quatre coins du monde. Et on aime ça !

ed_hardy_poissons