Le Fantôme de l’Opéra

Le Fantôme de l’Opéra

Raconte-moi un cocktail

On est en 2010, dans un recoin tamisé du Soda Bar, Julien et ses amis se retrouvent autour d’un « Davey Jones ».
C’est le temps de refaire le monde, de laisser échapper des éclats de rire et de lancer l’idée qu’un jour eux aussi ouvriront leur propre bar à cocktails. Leur concept ? Être originaux et sortir des sentiers battus, tout simplement.
Familles et amis s’associent autour d’un collectif et lancent cet insolent projet en juillet 2011. Seulement 15 jours avant l’ouverture, Julien s’exalte, « Ce sera Le Fantôme de l’Opéra ! ». Le charme de cette référence mystérieuse, glamour, et cinématographique, opère.

Bar de « chuchotements », logé au pied d’un immeuble 1790, dans la discrète rue Royale, non loin de l’Opéra de Lyon, l’atmosphère de ce refuge nocturne est intime et cosy. Idéale pour des rendez-vous secrets…
Julien arrange une déco vintage, s’entoure de jolies minois, et se lance le défi de faire de chaque gorgée une expérience unique. Il propose une carte d’une centaine de breuvages plus ou moins alcoolisés aux saveurs des plus surprenantes.
Avec Jessica, sa chef de bar et mixologue de talent, ils forment un duo créatif hors pair. Elle marie les arômes tandis qu’il crée les univers et chaque cocktail nous raconte un songe, une histoire, avec esthétisme et émotions.

Mademoiselle (cocktail à base de liqueur d’amandes, framboise, yuzu,…)
 — Elle est craquante ! Ab-so-lu-ment craquante !
Comme à l’accoutumée lorsqu’il évoquait n’importe laquelle de ses fraîches ressortissantes, l’élégant et débonnaire bonhomme s’agitait. Dès lors, son visiteur l’écoutait d’une oreille distraite, perdu dans cette matinée londonienne étrangement douce, et dont les couleurs pastel s’animaient derrière la fenêtre.
Un gloussement du vieil homme lui fit comprendre que la fille, sans bruit, était arrivée. Il se retourna. Elle était là, pull gris chiné savamment déstructuré, jeans serré, et escarpins noirs. Ses cheveux se lovaient dans son cou avant d’arrêter leur course molle à la naissance de sa gorge. Elle était de ces beautés simples. Irréversiblement belle. Et sur laquelle le temps n’aurait jamais de rancœur. Chacun de ses gestes, toujours juste, pouvait faire chavirer, et son sourire, surligné par deux adorables fossettes, faire espérer un naufrage.

Banzaï My Love (cocktail à base de saké, de litchi, d’aloe vera, d’eau de rose,…)
Sous la pluie clapotante, j’espérais. On m’ouvrit, et je compris que le marin austro-hongrois ne m’avait pas menti. Le Banzaï my love n’avait pas perdu de son éclat. Il était tel que je l’avais laissé des années avant, fuyant les souvenirs d’une fantasque nurse londonienne rencontrée à Macao, et qui m’avait signifié à coups de parapluie la fin d’une relation que je pensais belle.
Le Banzaï my love m’offrait le même charivari de charabia, le même méli-mélo coloré où pêle-mêle s’entrechoquaient toutes les vanités de Tsingtao, comptoir allemand oublié de la baie de Kiaou-Tchéou. Chaque soir le club s’animait de commerçants mandchous, d’occidentaux qui rêvaient d’horizons et qui n’allèrent jamais au-delà d’un scotch écossais, de filles qui se rêvent princesses, s’entourent de fourrures, s’aiment et oublient d’aimer.
Étrangère à tout ce chahut, elle était là. Et elle ne disait rien. Mais jusqu’au fond de ses silences, elle me fit comprendre qu’elle avait le plus beau des rires d’enfant.

Soupirs, Chambre 8 (cocktail à base de vodka, de cointreau, de fruits rouges, de miel,…)
Reste la nuit, la plainte monocorde des rues mortes, des grappes muettes trop droites des voitures et des bus, que seul perturbait le passage d’un feu, du rouge au vert. Et puis l’inverse. Le trouble était ailleurs. Dans cette chambre qui les réunissait enfin, et qui la dessinait, griffée d’ombre et de lumière, fragile, les derniers tissus, éphémères et puis plus rien, nue. Sa pudeur lui répondait en rouleaux hésitants de vagues imprécises, s’écrasant en silences mal ajustés, mais si bruyants qu’on aurait dit qu’ils allaient parler. S’ils avaient pu… S’ils avaient pu, ils auraient raconté leurs cœurs trop grands, et leurs sourires fugitifs, leurs secondes promises, à leurs heures vagabondes. Ils auraient raconté tout ça.
Dehors la nuit. Mais dans une chambre, là, des gestes incertains, d’impossibles fuites, et des soupirs qui demandent asile… 

Tous les 3 mois, la carte se renouvelle, dévoilant en exclusivité de nouvelles fraîcheurs. Au Fantôme, ces créations inédites sont disponibles en livre imprimé. 

Depuis 2013, en partenariat avec le Festival Lumière, la carte du Fantôme met en scène des personnages de films, des acteurs et actrices chevronnés avec audace et excentricité. Pour l’édition 2016 c’était Sophie dans « La Boum », Catherine dans « Peau d’Ane » et Romy dans « La Piscine ».

 

La force de différenciation par la liberté de ton, l’inventivité au delà des codes traditionnels, font du Fantôme de l’Opéra l’un des bars les plus prisés de Lyon. 

Une envie folle de se faire bercer, le temps d’un verre, par le doux murmure que laisse   échapper la fantaisie d’un cocktail ?
Vous n’avez qu’à pousser discrètement la porte du Fantôme, il vous y recevra chaleureusement…