Ikéa

Ikéa

L’homme qui tombait les prix

Un bébé sur dix serait conçu dans un lit Ikéa ! Rumeur invérifiable, mais tout de même crédible au vu de la popularité des meubles. Ingvar Kamprad, le fondateur de la marque, a su inventer du mobilier low-cost tout en offrant un large choix de produits.

Ingvar a tout juste 5 ans quand il acquiert un lot de 100 boîtes d’allumettes. L’esprit déjà bien affûté, il s’amuse à les revendre à l’unité et s’assure un joli profit. Pas étonnant qu’à 17 ans il lance sa propre entreprise de maroquinerie : IKÉA. Ce nom aux consonances amérindiennes est un acronyme d’Ingvar Kamprad, Elmtaryd (la ferme familiale), et Agunnaryd (son village natal).

En 1945, Ingvar choisit le concept novateur de la vente par correspondance pour fidéliser sa clientèle. Les meubles font ensuite leur apparition et sont livrés par le camion du milkman local. 

Innovateur et audacieux, il continue sur sa lancée et sort le premier meuble en Kit en 1956, afin d’enrayer la concurrence. Ses mots d’ordre sont : Fonctionnalité, Forme et Facilité. Le client y trouve un bénéfice énorme, car le processus d’assemblage des meubles est à portée de main, et la dépense largement accessible. Le premier magasin Ikéa (6700 m2) ouvre en 1958, en Suède.
Il présente des meubles uniques portant le nom de collines, de lacs…
Plus de 18 000 clients s’y ruent le premier jour et repartent avec bien plus d’articles que prévu. L’écart de prix avec la concurrence est spectaculaire. 

Le catalogue s’étoffe et offre du « design démocratique » combinant esthétique et fabrication automatisée. La création de la fameuse chaise Olga, inspirée des chaises de bistro françaises Thonet, marque la collection des années 60.

Le succès d’Ikéa est maintenu par un esprit d’entreprise familiale où tous les fils participent. Peter, économiste, contribue au développement de la banque IKANO, créée par son père. Jonas, créatif, s’occupe du développement des produits. Mathias gère les affaires et le concept global, et récupère en 2013 la gestion du groupe.

Pour Ingvar Kamprad, il s’agit de participer à un mouvement de démocratisation. Les prix sont bas pour vendre le plus possible. Bien que milliardaire, l’homme de 90 ans ne se cache pas de son côté « économe ». Fidèle client du marché aux puces, roulant en vieille Volvo, c’est le champion de l’optimisation fiscale. On peut dire qu’il vit en harmonie avec sa politique d’entreprise : chez Ikéa, un sou est un sou.