Panzani

Panzani

Des pâtes … oui mais des françaises !

Don patillo

Bienvenue dans le petit monde de Don Patillo ! Ici, on parle fort et on respecte la Mamma pour son petit caractère. Son austère tablier noir cache un véritable savoir-faire : les pâtes à l’italienne. Pour ses pâtes, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Don Patillo lui-même, prêtre de son état, n’y résiste pas. La casserole bouillonne, une pincée de sel et le miracle opère en 7 minuti. Quand elles sortent du feu, on en a l’eau à la bouche. Al tavolo (à table !) ! Pour nous satisfaire, la Mamma les cuit al dente et les met à toutes les sauces. Tagliatelles, tortellinis, farfalles, spaghettis … Des pâtes, des pâtes … oui mais des Panzani !

Don Patillo, le prêtre qui abjure Dieu pour des Panzani, a été inventé à des fins publicitaires. L’ecclésiastique est une copie non conforme du personnage fictif Don Camillo. Entre 1975 et 1999, il est le visage de la marque. À chacune de ses apparitions, le slogan défensif « Des pâtes, des pâtes… oui mais des Panzani ! » est joyeusement entonné par une voix off après son abjuration. La marque a très vite compris la nécessité de promouvoir ses produits dans les médias. De nombreux visuels ont été conçus à cet effet. Dans sa Rhétorique de l’image, Roland Barthes commente l’identité visuelle d’une affiche Panzani en précisant notamment que la marque promet d’offrir à ses consommateurs en plus d’un « service culinaire total » une certaine « italianité », d’où les couleurs du logo directement empruntées au drapeau italien.

Or, contre toute attente, les pâtes Panzani sont les plus françaises des pâtes italiennes. Inventées en Chine en 2000 avant J.-C., les pâtes sont devenues italiennes au Ier siècle après J.-C. avec l’ouverture de la Route de la Soie. En 1941, Giovanni Ubaldo Panzani les a faites françaises. Cet italien a grandi à Niort (Deux-Sèvres) dans la boutique de produits toscans de ses parents. Avant leur installation dans la région, le marché des pâtes était inexistant, une aubaine pour le couple de commerçants italiens ! Leur fils choisit le nom de Jean Panzani en 1929 mais soucieux de prêcher la bonne nourriture italienne, il met la main à la pâte dans le grenier de ses beaux-parents. Proche de ses clients, il effectue lui-même la livraison à bicyclette. Ce service personnalisé appâte de nombreux fidèles, qui lui permettent rapidement d’installer sa première usine dans une ancienne fabrique à chaussures. En hommage à sa fille, il l’appelle « Francine ».

En 1950, il devient le pionnier de l’emballage sous cellophane pour conserver la fraîcheur des aliments. La transparence du plastique remplace l’opacité des boîtes en carton. Ainsi, l’appétence pour le produit de consommation s’en trouve décuplée. Ce principe a été depuis largement imité dans le secteur agroalimentaire. Il commercialise des sauces en conserves et renomme dans le même temps son entreprise en « Pasta Panzani ». La société est rachetée par Danone en 1973 et intègre Lustucru (Grenoble) en 1986.

La marque a toujours favorisé le développement et l’innovation. Elle possède ses centres de recherche et de développement à Marseille et Saint-Genis-Laval. Ses créations s’adaptent au mode de vie et aux habitudes nutritionnelles des Français. Les pâtes à cuisson rapide et les gnocchis à poêler sont pensés pour tous ceux qui n’ont pas une minute à perdre. Les recettes de la sauce carbonara avec de la crème et de la sauce tomate avec de vraies boulettes de bœuf (baptisée « Bolo balls ») s’inspirent de la cuisine traditionnelle française. Ces spécialités signées Panzani ne sont donc commercialisées qu’en France.

Inconnue en Italie, l’entreprise Panzani s’est largement imposée en France où elle est plébiscitée en tant que 5ème marque la plus choisie dans nos rayons. Elle est numéro 1 en France avec un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros par an. Plus précisément, 100 000 tonnes de pâtes sont vendues par an pour 40 tonnes de sauces. On dénombre pas moins de 3 millions d’assiettes Panzani concoctées par jour en France. Alors crions-le haut et fort : Panzani est une belle réussite… oui mais à la française

Lou et l’homme au chapeau de l’agence 33 degrés