Valrhona

Valrhona

Valrhona ou la tentation du Grand Chocolat

Le rituel est toujours le même : un carreau saintement, lentement, coupé et porté à nos lèvres… Véritable pansement pour l’âme, le plaisir qu’il procure est intense mais fugace. Notre raison, soumise à la tentation, vacille : un autre carreau ? Est-ce très raisonnable ? « Aimez le chocolat à fond, sans complexe ni fausse honte » nous intime le moraliste La Rochefoucauld. L’hésitation fut brève. Oui pansons notre âme avec Valrhona, le meilleur du chocolat.

L’entreprise Valrhona est installée dans la vallée du Rhône, à qui elle doit son nom. Auparavant, elle était connue dans la région drômoise comme la Chocolaterie Gonnet puis la Chocolaterie du Vivarais. Elle est le dernier témoin de l’époque où le chocolat remontait le Rhône depuis Marseille. Son nom actuel, plus moderne, lui sied à merveille. Val-rhona. Un fleuve en chocolat se matérialise sous nos yeux gourmands. Son créateur n’est pas Willy Wonka mais un bon ardéchois, le pâtissier chocolatier Albéric Guironnet. En important lui-même ses fèves,
ll sut offrir à ses clients dès 1922 le beurre essentiel de cacao. Cette précieuse denrée est aujourd’hui très prisée des chefs étoilés. Anne-Sophie Pic, Pierre Hermé, Alain Ducasse et même Patrick Roger, qui en fait des sculptures monumentales pour ses vitrines parisiennes, tous ne jurent que par Valrhona.

La cité du chocolat

Désormais détenue par le groupe Savencia, la maison Valrhona a inauguré « La Cité du Chocolat » en 2013 à Tain-l’Hermitage (Drôme), berceau de l’enchantement. Elle réunit dans un pôle très actif une école et un laboratoire de recherche. A l’international, elle emploie 380 salariés et génère 60 millions de chiffre d’affaires. Elle organise également des stages de pâtisserie pour les amateurs très friands. C’est une affaire qui rapporte et qui a su tirer parti des graines de cacao que Christophe Colomb en son temps avait pris pour des crottes de chèvre.

L’image Valrhona, lisse et savoureuse, s’exporte très bien. Son succès a pris aussi vite qu’une traînée de poudre chocolatée. Elle a déjà conquis l’Asie et le Japon possède sa propre antenne. Et quand l’Académie de l’art culinaire de France décerne à Valrhona une médaille, elle n’est pas en chocolat… Mais en or.

Elle possède sa propre cacaotière, achetée au Venezuela en 1989. Elle doit aussi importer des fèves de Côte d’Ivoire, du Pérou et de partout où le cacaoyer a poussé. Mais le processus de fabrication étant intégralement assuré en France, de la torréfaction au moulage, le produit obtenu est presque 100% français.

Noir ou blanc, fondant ou croquant, aux éclats de caramel ou avec une pointe de sel… Qu’importe. Guanaja, le chocolat noir à 70% de cacao de Valrhona, nous rend cacao. On lui prête bien des vertus. Antioxydant et antidépresseur, ce chocolat est l’arme absolue contre la morosité. Allez, vous en reprendrez bien un petit carreau !

Lou et l’homme au chapeau